La souffrance de nos ancêtres ou comment devenir quelqu’un de bien ?

Qui sont ces gens qui jugent ? Qui colportent et font que le « mauvais » souffle…  les salves de ces vipères me parcourent l’échine. Mais qui sont-ils ? Pensent-ils tant être meilleurs ?

Finalement qu’est-ce qui fait qu’on est quelqu’un de bien ? L’origine du sang ? La hauteur, l’ampleur des ramifications de notre arbre ?

Moi mon arbre il n’est pas bien haut. Ses racines puisent leurs forces dans le fond d’une mine de province. Un compost noir comme de la glaise. Le  terreau qui a nourri mon arbre a tellement encombré les poumons de mon grand-père qu’il en est mort étouffé ! C’est comme s’étouffer avec sa propre histoire.

S’efforcer de se persuader qu’on vaut plus que le prix auquel on est vendu soit moins cher que la valeur d’un poulet version dioxine. S’acharner à vouloir un avenir meilleur pour ses descendants et justement descendre toujours plus bas dans ces puits noirs. Ces puits qui crachent l’or noir celui-là même qui éclaire les autres, tous les autres sauf… les racines de mon origine.

Je suis issue du noir. Je suis née d’une galerie où le moindre bruit peut être l’écho du dernier, ou l’art  l’ultime, c’est de sortir vivant. Quel galeriste fera monter cette œuvre aux enchères ? Je suis une œuvre d’art à moi toute seule… sortie vivante du néant.  Qui voudra donc me crucifier sur un mur ?

Mon grand-père a été vendu par son pays contre du charbon que l’Italie n’a finalement jamais reçu. Il a été transporté dans un train entassé avec les siens comme des bestiaux, il a fait la route qui m’a menée jusqu’ici. Mon grand-père comme plein d’autres grands-pères : Les Italiens, les Juifs, les Arméniens, les Polonais….

J’ai tenté d’oublier, de faire semblant, de jouer…. Mais la nuit je sais qui je suis, je sais pourquoi j’ai tant besoin de lumière.

Je viens du noir, mais je suis là.

Que ceux qui pointent les excès, les faiblesses, les doutes, les croyances, que ceux-là mêmes jettent la première pierre et trouvent le courage de regarder à leurs pieds, pour voir dans quelle terre ils sont enracinés ?

Le vent qui souffle dans mes feuilles est le même que celui qui souffle dans les vôtres…

Claudia Lomma.

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