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Benjamin Spark vu par Stéphane Corréard – Partie 2

Benjamin Spark est un artiste qui vit et travaille à Bruxelles. Peintre et plasticien, SPaRK donne naissance à des personnages issus de la BD, de la caricature. SPaRK apparait comme une véritable locomotive de la « street pop » bruxelloise, une mouvance qui revendique la synthèse de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Benjamin Spark - Street art - Pop art - Comics - Super Héros www.benjaminspark.com

Mine de rien, c’est un bon début pour un peintre, strabique qui doit constamment garder un pinceau qui dit merde à l’autre : quand Duchamp décriait l’odeur de la térébenthine, il y a fort à parier qu’il visait en fait l’illusoire ivresse des sommets que ses vapeurs occasionnent chez ses thuriféraires béats. Car l’amour de la peinture n’est rien s’il ne secrète simultanément son antidote, sa haine, le dégoût profond qu’inspirent sa complaisance profondément décorative, bourgeoise, son fard définitif. La qualité d’un medium tient entière dans sa plasticité, sa capacité à exprimer simultanément les contraires. Depuis le paradoxe du « Chat de Schrödinger », au moins, nous savons qu’un être (et a fortiori une pratique artistique) peut être à la fois mort et vivant : la question n’est plus tant de savoir « comment la superposition des états est possible dans le monde quantique » mais bien « pourquoi serait-ce impossible dans le monde réel que l’on observe à notre échelle » ?

C’est pourquoi les grands peintres d’aujourd’hui sont tous quantiques. Félix Fénéon, LE critique (selon le clairvoyant Jean Paulhan), qui se targuait de « mesurer au dynamographe la valeur d’une métaphore de Mallarmé » et de « réduire en équations les tableaux de Degas » l’a compris le premier, et a transmis son secret à Seurat. Alors que des régiments entiers de la peinture actuelle ont superposé à un écœurant amour de la peinture une infantilisante foi en l’image comme horizon indépassable, logiquement, c’est avec l’ordinateur que les peintres d’aujourd’hui ont trouvé la voie quantique dans la peinture, résolvant l’énigme du « Chat de Schrödinger » avec… une souris.

Les derniers tableaux de Benjamin Spark explorent cette fausseté dans toutes ses dimensions simultanément, avec un brio, une maestria même, que l’organisation de ses surfaces colorées à la manière d’un dashboard de Mac©® rend étourdissante, reprenant tout l’arsenal de la Pop culture actuelle, du « Big Mash-Up » au « Patchwork », et du « Chaos » au « Maelstrom », rejoignant les personnages de « L’Avventura d’Antonioni », pris dans « une aventure psychologique et morale qui les fait agir à l’encontre des conventions établies et des critères d’un monde désormais dépassé ».

Benjamin Spark est un artiste qui vit et travaille à Bruxelles. Peintre et plasticien, SPaRK donne naissance à des personnages issus de la BD, de la caricature. SPaRK apparait comme une véritable locomotive de la « street pop » bruxelloise, une mouvance qui revendique la synthèse de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Benjamin Spark - Street art - Pop art - Comics - Super Héros www.benjaminspark.com

Benjamin Spark – Untitled 16/2 – acrylic on canvas – 200x200cm

Bien qu’il ait rendu en 2014 et 2015 un hommage aussi ironique que vibrant à l’ensemble de la presse imprimée francophone, L’Express, Libération, Le Canard Enchaîné et même Le Figaro, la peinture de Benjamin Spark évoque plutôt, et logiquement, les murs d’images de BFM TV, où défilent quotidiennement, où s’égrainent minute par minute (et encore la minute est-elle encore un étalon temporel incroyablement long) les petites et grandes tragédies de notre temps, où se font et se défont les réputations ou les légendes, où crépitent en moins de 140 signes, comme sur Twitter©® les opinions définitives qui seront invalidées dès le lendemain, où se déroule le rouleau compresseur des images, comme sur Instagram©®, dont la rencontre fortuite sur la table de dissection médiatique crée la nouvelle beauté, troublante, capiteuse, lourde comme un parfum trop musqué, discrètement écœurante comme une sirupeuse mélopée de girls band.

Dès la huitième seconde de « Be my Baby », la voix envoûtante et boudeuse de Ronnie (future Madame Spector) attaque franco : « The night we met I knew I needed you so / And if I had the chance I’d never let you go ». Dans le même souffle, le thème éternel du coup de foudre (La nuit de notre rencontre j’ai su que j’avais tant besoin de toi) télescope celui − non moins intemporel − de la peur de perdre l’objet de son adoration (Et si je le peux je ne te laisserai jamais t’en aller). Si les deux parties de la proposition concernent intimement le caractère tourmenté et romantique de Spector, il s’avérera plus actif à conjurer la seconde, à grands renforts de menaces, avec armes à feu, et d’une jalousie excessivement possessive, genre « mets donc ce mannequin masculin taille réelle à côté de toi dans la voiture quand tu sors seule, je te prie, bébé ».

Si la chanson commence indubitablement dans le sucre (« Pour chaque baiser que tu me donneras, je t’en rendrai trois »), elle s’achève pourtant dans l’imploration glacée : « Alors allez, sois, sois mon, sois mon, sois mon petit bébé, mon seul et unique, dis que tu seras mon chéri, sois mon, sois mon bébé maintenant », ce qui démontre sans ambiguïté que le bébé n’est pas forcément décidé à se laisser manger, et laisse entrevoir les torrents de larmes qui pourraient s’ensuivre. Le ratage-modèle du mariage de Phil et Ronnie ne donne que peu d’éléments pour contredire cette thèse.

Benjamin Spark est un artiste qui vit et travaille à Bruxelles. Peintre et plasticien, SPaRK donne naissance à des personnages issus de la BD, de la caricature. SPaRK apparait comme une véritable locomotive de la « street pop » bruxelloise, une mouvance qui revendique la synthèse de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Benjamin Spark - Street art - Pop art - Comics - Super Héros www.benjaminspark.com

Benjamin Spark – Untitled 15/1 – 2015 – acrylic on canvas – 100x80cm

Toutes les caractéristiques du « mur de son » spectorien peuvent de facto s’appliquer aux compositions de Benjamin Spark : là où les autres producteurs utilisaient une seule guitare, batterie et un unique piano, Spector va jusqu’à en entasser 5 ou 6 fois plus, avec un orchestre au grand complet et des percussions à n’en plus finir dans un espace, celui de son mythique studio Gold Star, qui n’excède pas quatre-vingt-dix mètres carrés ! Voilà pour la prolifération. De cette promiscuité Spector tire une force inédite : aucun instrument ne peut être enregistré indépendamment, chacun étant pris dans le halo sonore de ses voisins immédiats… Voilà pour la « contamination ». S’ajoute alors une pratique tout à fait débridée de l’overdubbing qui consiste à « doubler » chaque partie instrumentale, voix ou instrument solo en retraitant le signal dans une chambre d’écho, et de capter la réverbération produite dans cette pièce à l’aide d’autres micros, élaborant ainsi un chaos sonique, mélodique et puissant, sans équivalent à l’époque. Les chœurs forment les fondations de ce mur mélodique, d’où n’émerge jamais qu’une seule voix : qu’il produise des trios, comme les Ronettes, ou des duos, comme les Righteous Brothers, Spector s’arrange toujours pour reléguer la part excédentaire de chanteurs dans les chœurs, ne gardant systématiquement en avant que la voix la plus déchirante (une figure centrale, également féminine de préférence, se détachant sommairement du fond-patchwork du tableau, joue généralement ce rôle chez Spark, crevant parfois littéralement la surface de la toile, quoique ces derniers temps il semble prendre plaisir à complexifier encore ses compositions en multipliant ces irruptions aux quatre coins du châssis). Enfin, Spector privilégie l’enregistrement Mono, fusionnant en une seule et même piste toutes les pistes instrumentales du morceau. Le recours à des micros placés dans la chambre d’écho, qui enregistrent le son enrichi, redirigé vers l’enregistreur sur bande, est un procédé qui impose un enregistrement Mono : pour Spector le Mono est le seul moyen, en tant que producteur-auteur, d’avoir une vision d’ensemble de la chanson ; il permet de prévisualiser le son comme il sera lors de sa diffusion radio. De manière identique, Spark oppose au regardeur une surface éruptive uniforme, superposant visuellement les grilles jusqu’à saturer totalement l’espace optique, n’offrant que d’illusoires échappées en forme de trouées dans la composition, qui ne sont jamais des échappatoires mais au contraire des pièges, le replongeant dans un nouvel espace clos, ne renvoyant à rien d’autre qu’à sa propre finitude, retournant en somme le regard en lui-même.

Benjamin Spark est un artiste qui vit et travaille à Bruxelles. Peintre et plasticien, SPaRK donne naissance à des personnages issus de la BD, de la caricature. SPaRK apparait comme une véritable locomotive de la « street pop » bruxelloise, une mouvance qui revendique la synthèse de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Benjamin Spark - Street art - Pop art - Comics - Super Héros www.benjaminspark.com

Benjamin Spark – Untitled 16/10 -2016 – 280x600cm

Peu d’œuvres finalement, aujourd’hui, répondent aussi parfaitement à la définition que donnait du tableau Maurice Denis en 1890, la croyant définitive : « une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ». Tout en componction, emprunté et comiquement solennel comme un parlementaire de la Troisième République polissant son discours, le peintre, qui n’était alors âgé que de vingt ans, prit cependant la précaution de minimiser lui-même la radicalité de son hypothèse, la faisant précéder d’un « essentiellement » vague et opportun, laissant une place suffisante à l’absorption de toutes les objections. Il n’imaginait sans doute pas que le « système des objets », introduit dans l’art avec une certaine naïveté par Picasso et Braque (et une perversité assumée par Duchamp) allait renvoyer sa juvénile découverte au rang des accessoires poussiéreux, le triomphe de l’ « inessence » sur l’ « essence » caractérisant qui plus est cette « société de consommation » que Baudrillard brossera en ces termes : « Dans l’ordre actuel, les objets n’ont pas pour destination d’être possédés mais seulement d’être achetés ».

Benjamin Spark est un artiste qui vit et travaille à Bruxelles. Peintre et plasticien, SPaRK donne naissance à des personnages issus de la BD, de la caricature. SPaRK apparait comme une véritable locomotive de la « street pop » bruxelloise, une mouvance qui revendique la synthèse de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Benjamin Spark - Street art - Pop art - Comics - Super Héros www.benjaminspark.com

Benjamin Saprk – Science never solves a problem without creating ten more – 2015 – acrylic and spray paint on canvas – 162x130cm

Comme dans ces « gang-bangs » où le corps n’est même plus marchandisé mais simplement consommé/consumé, le processus pictural de Benjamin Spark s’achève inexorablement dans une sorte de dripping facial où s’entrelacent toutes les peurs mais aussi tous les espoirs d’aujourd’hui, sans qu’il soit clairement possible de démêler les unes des autres. Comme nos enfants, ses personnages et ses peintures en réclament toujours plus : « Sold me Out », « I Want You », « Love Now », « Again for Me », « Dollars Wanted », « Save Me », « Give Me Love »… Spark pousse ce concept de facialité jusqu’à son paroxysme, associant la puissance de la vision frontale (entendue dans son acception théâtrale, caractérisant l’installation scénographique du spectateur « en face » d’un espace défini comme absolument autre), à la brutalité du vis-à-vis entre le regardeur et le tableau dans un face-à-face sans expédient. A cet instant se visualise sur la scène « l’entrée de Benjamin Spark à Bruxelles », dans un formidable remake du tableau majeur de James Ensor. Cerné de masques grimaçants, emporté par la foule de cette mascarade macabre et burlesque dans un tourbillon de faces, de drapeaux et de slogans, il s’avance, imperceptiblement il sort progressivement du tableau à la manière des héros de « La Rose pourpre du Caire » de Woody Allen ; au-dessus de la scène pavoise mollement le drapé d’une banderole qui proclame « Vive la peinture » ; en bas à droite un profil tranche avec fixité sur la liesse : on dirait un viking aux aguets. C’est Erró. Son sourire en dit long.

Stéphane Corréard

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Benjamin Spark vu par Stéphane Corréard – Partie 1

« Ce qui nous incombe, c’est d’accomplir le négatif ; le positif est déjà donné »

Franz Kafka, L’amour

Benjamin Spark est un artiste qui vit et travaille à Bruxelles. Peintre et plasticien, SPaRK donne naissance à des personnages issus de la BD, de la caricature. SPaRK apparait comme une véritable locomotive de la « street pop » bruxelloise, une mouvance qui revendique la synthèse de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Benjamin Spark - Street art - Pop art - Comics - Super Héros www.benjaminspark.com

Benjamin Spark – My one regret in life is that I am not someone else – 2014 – acrylic and spray paint on canvas – 140x100cm

Au commencement était le verbe, paraît-il. Commençons donc par le nom, son nom de Benjamin Spark dans une généalogie déserte. Se choisir un pseudonyme, c’est faire violence à sa lignée, rejeter le nom du père (souvent pour rester sain d’esprit). Du parcours de Spark, nous ne savons donc rien ; il a déboulé, vierge de tout antécédent, sur la scène de l’art en 2008. Hier ; il y a une éternité. Mais élire « Benjamin » comme nouvelle identité, c’est dans le même mouvement délibérément, par la force de la volonté, intégrer par effraction une famille d’adoption ; dans ce cas, la famille de l’art, bien sûr, famille sans cesse recomposée, brassée, avec ce qu’il faut de secrets, de consanguinité, de revirement de fortunes, d’accidents de lignées… dans laquelle le benjamin reste à tout jamais le « petit dernier », Dorian Gray, le chouchou, souvent. Quant à Spark, il sonne comme une onomatopée brillante, le son d’un uppercut, ou d’une collision brutale, ou alors le bruit aérien qu’émet le bouchon quand il saute, ou la bulle lorsqu’elle éclate à la surface d’une boisson, Spark comme sparkling, plus sûrement Champagne qu’eau gazéifiée, à moins qu’il ne s’agisse d’un breuvage nouveau, associant les vertus des deux, faisant tourner la tête des filles tout en facilitant la digestion.

Benjamin Spark est un artiste qui vit et travaille à Bruxelles. Peintre et plasticien, SPaRK donne naissance à des personnages issus de la BD, de la caricature. SPaRK apparait comme une véritable locomotive de la « street pop » bruxelloise, une mouvance qui revendique la synthèse de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Benjamin Spark - Street art - Pop art - Comics - Super Héros www.benjaminspark.com

Benjamin Spark – Untitled 16/3 – 2016 – acrylic on canvas – 200x160cm

Au commencement, donc, est Benjamin Spark, le fils caché qui vous tombe dessus, déjà adulte, l’esprit et le pinceau en ébullition, parfaitement étranger mais étrangement familier. « Le grand artiste, c’est celui qui n’était pas prévu au programme », aime à rappeler le critique et romancier Guy Scarpetta. « C’est pas facile d’être de nulle part… » susurre pour sa part Alain Bashung dans « Elsass Blues » (avant d’ajouter : « Ça m’amouse / Va falloir que je recouse »). Recoudre, suturer, pour sûr. Cependant, le pedigree de Benjamin Spark saute à la figure : fils du Pop et du Street Art, il en incarne une inédite réconciliation, celle de deux cultures issues de la rue, une par le « high », l’autre par le « low », rencontre improbable mais inéluctable de deux mouvements mus par des forces antagonistes. Quoique. Dans le premier cas, une bande de jeunes gens « beaux et intelligents » (pour reprendre la terminologie situationniste), déterminés à bousculer l’hégémonie des expressionnistes abstraits tenant le haut du bitume new-yorkais, soutenus par un marchand rusé, habité par un projet parfaitement parallèle, par la grâce d’une translation transatlantique : déboulonner la figure du Commandeur incarnée par Paris, alors capitale mondiale de la barbouille non-figurative. Dans le second, un jeune peintre isolé, Gérard Zlotykamien, dégoûté d’avoir été censuré à la Biennale de Paris en 1961, qui s’arme l’année suivante d’une bombe (mais de peinture, rassurez-vous) pour imprimer la silhouette de ses « éphémères » sur les murs lépreux du Paris de Doisneau. A peine sorti de l’adolescence, féru de judo, il prenait des cours à Fontenay-sous-Bois, dans le club animé par Jean Vareilles, et fréquentait ainsi assidûment Yves Klein ; d’ailleurs, il est l’un des quatre comparses qui ont tendu une bâche au bas de l’immeuble duquel ce dernier s’est élancé, en 1960 pour son légendaire « Saut dans le vide ». Rothko d’un côté, Klein de l’autre, en fin de compte le Street comme le Pop Art sont des rejets, au sens botanique, d’une forme de minimalisme, du monochrome, mais en négatif ; ils en reviennent comme on revient de l’enfer. Mais pour rire.

Benjamin Spark est un artiste qui vit et travaille à Bruxelles. Peintre et plasticien, SPaRK donne naissance à des personnages issus de la BD, de la caricature. SPaRK apparait comme une véritable locomotive de la « street pop » bruxelloise, une mouvance qui revendique la synthèse de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Benjamin Spark - Street art - Pop art - Comics - Super Héros www.benjaminspark.com

Benjamin Spark – People who say it cannot be done should not interrupt those who are doing it – 2014 – acrylic and spray paint on canvas – 100x100cm

Bon, mais tout ça c’était il y a un bon demi-siècle bien tassé. Il s’est écoulé plus de temps entre l’irruption de ces mouvements populaires et urbains et nous, qu’entre les Demoiselles d’Avignon et les « Campbell Soup Cans » de Warhol, qu’entre Ravel et le Velvet Underground. Le benjamin Benjamin Spark l’a saisi mieux que personne : l’histoire de cette culture est aujourd’hui doublement caduque. D’abord parce que la peinture n’a cessé de témoigner de son incapacité à déborder durablement du cadre bourgeois dans lequel elle prospère toujours mieux qu’ailleurs. Ensuite parce que, issus tous deux de la rue, bien que de manière diamétralement opposée, le Pop comme le Street Art ne sont pas parvenus, sur la longueur, à conserver leur dimension profondément subversive et contestatrice, se noyant dans un nouveau paradigme, le design pictural, rejoignant en cela le constat global dressé par Hal Foster dans « Design & Crime » : « Ainsi le projet ancien de réconcilier l’Art et la Vie, que firent leur, chacun à sa manière l’Art nouveau, le Bauhaus et de nombreux autres mouvements, s’est enfin accompli, non en suivant les ambitions émancipatrices de l’avant-garde, mais en obéissant aux injonctions spectaculaires de l’industrie culturelle. Le design est l’une des principales formes prises aujourd’hui par cette sournoise réconciliation ».

C’est entendu, Benjamin Spark arrive trop tard, et au mauvais endroit. Mais, comme tout bon héros, il a su faire de ces handicaps une force, y puiser l’énergie d’une renaissance.

En son temps, évoquant le jazz et le roman noir, le romancier Jean-Patrick Manchette les décrétait eux aussi comme historiquement dépassés. Pointant en effet que le roman noir avait été inventé dans les années vingt, alors que l’activité mafieuse, sa corruption des autorités policières et politiques, leur concussion, la toute-puissance de l’argent et l’utilisation spectaculaire de la violence menaçaient jusqu’aux racines mêmes de la démocratie américaine, Manchette rappelait que, concomitamment, le jazz avait émergé afin que la conscience et la culture noires, niées, opprimées, réprimées, puissent simplement se signaler comme telles, en se mêlant puis en pénétrant la culture américaine tout court, jusqu’à donner naissance à partir de 1950 au Rock’n’roll, qui devait devenir le cri de ralliement et de soulèvement de la jeunesse occidentale des années soixante. La fin de la prohibition signait la disparition d’un certain gangstérisme (la consommation effrénée d’alcool par les détectives privés de Hammett ou Chandler avait montré la voie). De la même manière, l’avènement du rock’n’roll marquait inéluctablement l’extinction de la ségrégation. Notons cependant que cela ne signifie nullement que la place des noirs aux États-Unis soit devenue pour autant enviable, ni que l’argent-roi ou la violence aient désertés les villes… Mais ces armes que furent le roman noir et le jazz, si elles ont démontré leur efficacité, face à de tels ennemis ne sont qu’à usage unique : il revient aux générations actuelles d’en forger de nouvelles.

Romans noirs et Rock’n’roll : on aborde en plein l’essor de cette culture « pulp » qui irrigue tout l’art de Benjamin Spark, dérivée du nom de cette pâte à papier bon marché et recyclée sur lesquels s’impriment, de toute éternité, ces feuilletons pleins de, violence, de sexe et de fureur, ces illustrés sans prétention mais qui pénètrent au plus profond de l’inconscient collectif, cathartiques mais jetables car les efforts qu’on déploie pour s’en débarrasser sont à la hauteur de leur impact et de leur prégnance dans notre propre imaginaire.

Débutant véritablement comme peintre en 2008, Benjamin Spark se pose instantanément en héritier pétillant de cinquante ans de culture visuelle (« Out of the Past », proclame même fièrement une peinture de 2011), reprenant à la racine un projet pictural dont l’ampleur n’aura véritablement été envisagée que par son maître Erró qui, depuis la fin des années cinquante, a exploré systématiquement toutes les manières concevables de combiner les images, adoptant successivement (et parfois simultanément) tous les télescopages possibles, de la simple juxtaposition à l’intrication la plus fine, ancêtre es carambolages s’il en est. Un exemple particulièrement emblématique nous en est fourni dès le séminal « Big Time », peint par Spark en 2008 donc, véritable vortex de personnages et de signes, dont la réunion semble apparemment fortuite, dans une sorte de jeu de l’oie devenu dément, spirale spatio-temporelle où cohabitent Astro Boy et Spider Man, le logo Lucky Strike (dessiné par Raymond Loewy, à qui l’on doit aussi la bouteille de Coca Cola) et la fusée de Tintin, Che Guevara et Winnnie l’Ourson sans oublier, tout près du cœur de la cible, ou plutôt de l’œil du cyclone, des icônes de l’œuvre spéculative de Murakami ou de Wang Guanggyi.

Benjamin Spark est un artiste qui vit et travaille à Bruxelles. Peintre et plasticien, SPaRK donne naissance à des personnages issus de la BD, de la caricature. SPaRK apparait comme une véritable locomotive de la « street pop » bruxelloise, une mouvance qui revendique la synthèse de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Benjamin Spark - Street art - Pop art - Comics - Super Héros www.benjaminspark.com

Benjamin Spark – When I was kidnapped my parents snapped into action, they rented out my room –
2015 – acrylic and spray paint on canvas – 150x100cm

Dès 2008 dans certains tableaux, puis plus systématiquement à partir de 2009, Benjamin Spark entreprend de superposer à ces complexes combinaisons d’images des sortes de grilles, tracées comme à la hâte en noir ou en blanc, comme à la craie ou d’un trait de marker rageur, qui en plus d’ajouter une dimension clairement agressive à l’image (ils apparaissent en référence à Basquiat, dans « Fruit Cage »), faisant s’entrechoquer « ligne claire » et « ligne crade », rajoutent une couche d’illisibilité, de brouillage, à la surface de tableau, entre le regardeur et l’image, manière paradoxale de proclamer, avec l’artiste Arnaud Labelle-Rojoux : « Détendez-vous, ce n’est que de l’art ».

Benjamin Spark est adepte de ce que Manchette qualifiait, oxymoriquement, flaubertiennement, d’« art industriel ». Mais sans résignation, car si cette expression peut désigner : « 1° l’immonde industrie du divertissement, en soi ; 2° la même en tant qu’elle s’est fondue dans le melting pot de la culture-marchandise », pour leur part il s’y résolvent, mais comme « 3° la même en tant que certains individus talentueux et furieux ont choisi de la pratiquer d’une manière contestataire et antisociale ». Ainsi, dès 2010, des slogans en forme d’injonctions émergent des magmas d’images de Benjamin Spark : « Save Me », « Impossible », « Holding Back the Tears », « No More Petrol »…

Il est indéniablement un peintre de genre, s’attachant au pittoresque de la vie quotidienne, mais perçue à travers le regard d’une catégorie bien précise d’individus : les super-héros. De cette catégorie, il adopte une conception toute warholienne, car leur pouvoir suprême se résume à frapper les esprits, et pénétrer toutes les couches de la conscience ; dans ce sens, Superman vaut bien Mao, le logo Chanel, John Lennon, et Spark leur adjoint les idoles de sa génération, Basquiat, Daft Punk ou Bob l’Éponge…

Benjamin Spark est un artiste qui vit et travaille à Bruxelles. Peintre et plasticien, SPaRK donne naissance à des personnages issus de la BD, de la caricature. SPaRK apparait comme une véritable locomotive de la « street pop » bruxelloise, une mouvance qui revendique la synthèse de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Benjamin Spark - Street art - Pop art - Comics - Super Héros www.benjaminspark.com

Benjamin Spark – Untitled 16/9 – 2016 – acrylic on canvas – 200x160cm

Des super-héros, Spark avoue : « Batman me touche beaucoup. C’est le seul qui n’a pas de super-pouvoir. Pour compenser ça, il a travaillé sur le corps et l’esprit dans un sens d’union et d’harmonie. Et en plus, il est humble ». C’est un véritable autoportrait qu’il livre là. Plus il avance dans sa peinture, plus il recherche cette fusion (à prononcer à l’anglaise, comme dans fusion food), et sa peinture de genre devient une forme suprême d’agglomérat de tous les genres de peintures, définis en 1667 par André Félibien dans une préface des « Conférences de l’Académie » : « Celui qui fait parfaitement des paysages est au-dessus d’un autre qui ne fait que des fruits, des fleurs ou des coquilles. Celui qui peint des animaux vivants est plus estimable que ceux qui ne représentent que des choses mortes et sans mouvement ; et comme la figure de l’homme est le plus parfait ouvrage de Dieu sur la Terre, il est certain aussi que celui qui se rend l’imitateur de Dieu en peignant des figures humaines, est beaucoup plus excellent que tous les autres … un Peintre qui ne fait que des portraits, n’a pas encore cette haute perfection de l’Art, et ne peut prétendre à l’honneur que reçoivent les plus savants. Il faut pour cela passer d’une seule figure à la représentation de plusieurs ensemble ; il faut traiter l’histoire et la fable ; il faut représenter de grandes actions comme les historiens, ou des sujets agréables comme les Poètes ; et montant encore plus haut, il faut par des compositions allégoriques, savoir couvrir sous le voile de la fable les vertus des grands hommes, et les mystères les plus relevés ». A la suite de Bosch ou de Bruegel l’Ancien (ne lésinons pas), Spark non seulement rejette les grands thèmes signifiants, historiques ou religieux, les allégories savantes, les commémorations grandiloquentes d’un événement en particulier posé comme séparé du brouillard médiatique, mais il les banalise délibérément dans un « big bang » pictural quantique, où l’œil ne sait plus où donner de la tête, sur-sollicité, noyé dans un océan d’images et de signifiants dans lequel le peintre ne veut surtout plus isoler une image unique « explosante fixe », mais bien rendre compte des débordements liquides du monde, du devenir-toile d’araignée de l’univers, faire entrer le bouillonnement magmatique du monde sur la scène, sans en atténuer ni le bruit ni la fureur, mais en les plaçant au contraire au premier plan.

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Benjamin Spark, un nouveau style validé par les plus grands !

Texte de Erró sur Benjamin Spark

Savez-vous ce que signifie Spark en islandais? Le coup de pied, mais aussi la force. Cela lui correspond bien. J’aime son énergie, la vitalité qui se dégage de ses oeuvres et de son travail. Quand on regarde d’où il vient, ses peintures du début, et qu’on voit ce qu’il fait aujourd’hui, on ne peut que se réjouir. C’est magnifique. Benjamin Spark c’est quelqu’un qui sait vraiment dessiner et qui a également beaucoup évolué.

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Je le connais depuis seulement 3 ans, mais de toute ma carrière – et j’ai 83 ans ! -, c’est le seul artiste qui soit venu à mon atelier pour m’expliquer comment il travaille. Normalement, les peintres gardent leurs petits secrets pour eux. Lui il m’a tout expliqué, tout. La manière dont il réalise des agrandissements, dont il projette ceux-ci à la manière de diapositives sur un écran, sans rien me cacher. C’est la première fois de ma vie que je pénètre ainsi d’une certaine manière dans la tête d’un artiste. Il est venu avec son ordinateur et j’ai eu l’intuition qu’il me montrait un peu le jour d’après ! Nous les artistes, nous sommes toujours préoccupés par l’avenir, ce qui vient ensuite, mais également par l’idée que tout a été fait, que plus rien n’est possible, et donc ce futur est en pointillé. Benjamin Spark incarne l’une des possibilités de cet avenir qui se dessine.

Benjamin Spark est un artiste qui vit et travaille à Bruxelles. Peintre et plasticien, SPaRK donne naissance à des personnages issus de la BD, de la caricature. SPaRK apparait comme une véritable locomotive de la « street pop » bruxelloise, une mouvance qui revendique la synthèse de la pop américaine et de la culture de l’art urbain européen. Benjamin Spark - Street art - Pop art - Comics - Super Héros www.benjaminspark.com

Benjamin Spark – Yellow Wheel – 2015 – acrylic and spray paint on canvas – 150x150cm

Il travaille avec une vitesse incroyable, mais également avec une habileté très particulière, car ses compositions sont très abouties. C’est d’ailleurs l’un de nos points communs. Benjamin Spark pense à la manière dont il va composer sa toile avant de réfléchir au sujet. La composition c’est la chose la plus importante. Je l’ai apprise à Florence, durant mes années de formation, où j’étudiais aux Offices tous les maîtres de la renaissance. Il faut cela pour évoluer vers des compositions plus modernes et pouvoir ensuite envisager de les réaliser avec l’aide d’un ordinateur. C’est le sens de la modernité. Il va vite, très vite. Comme facebook, comme le web. Avec Benjamin Spark au moins, on avance. C’est dynamique, il prouve que l’on peut toujours introduire une rupture avec tout ce qui a toujours été fait jusque là, jusque soi. Il y a eu le pop art, la figuration libre, la figuration narrative, et tout plein d’autres choses, mais Benjamin SPark s’en nourrit pour inventer une nouvelle forme de narration. Ses sujets viennent de tous les pays du monde, ils sont très variés, très ouverts. On ne peut pas le réduire à une posture. Alors quand je découvre des talents pareils, j’essaie de les aider à exposer, à mes côtés ou sans moi. Et puis ce que j’aime chez lui c’est qu’il ne se prend pas au sérieux. Ca fait du bien. Il aime son métier et c’est très important. Il y a tant de types qui ont seulement fait une ou deux choses dans leur vie et qui se croient incontournables. Au moins Benjamin Spark n’est pas comme Nicolas Sarkozy!

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No culture : Napoléon est-il un gros mufle ??

 

 

On peut le penser en effet…

Quand Napoléon rencontre Rose Beauharnais, de six ans son ainée et veuve d’un aristo décapité lors de la Révolution Française, il tombe immédiatement fou amoureux….

En parlant de Révolution, Rose, a, elle aussi senti le vent de la guillotine caresser sa nuque, ce qui lui donna envie de croquer la vie à peine dents (en gros : de se taper tout ce que Paris compte de riches et de puissants)

Alors, pourquoi pas Napoléon, jeune général Corse de 26 ans dont tout le monde parle ?

Dès leur première nuit, il lui envoie des lettres enflammées et décide de l’épouser. Il essayera également de la convaincre de lui rester fidèle. Elle accepte et tente de rentrer dans le rang.

Fidèle oui, mais comble de l’ironie, une fois engagée, Joséphine se voit répondre « un peu de patience ma chérie, on aura le temps de faire l’amour une fois la guerre gagnée» dès qu’elle lui propose un câlin !

Napoléon, lui, décide de l’appeler Joséphine, comme ça, parce que ça lui plait et aussi parce que Marie-Joseph est son deuxième prénom. Précisons que depuis plus de mille ans, les femmes sont des « objets » que les puissants utilisent pour former des alliances, avoir une descendance, influencer un opposant… Pourquoi pas donc changer allègrement leur prénom en fonction des circonstances.

Napoléon emmène Joséphine en Italie, elle s’imagine une lune de miel au bord du lac de Garde alors que lui se prépare à faire la guerre aux Italiens ! Son seul but : installer son frère sur le trône d’Italie et en passant voler quelques chefs d’œuvres de la Renaissance.

« Un code si vil ! »

En 1804 quand Napoléon se couronne Empereurà vie, personne ne trouve rien à dire, alors qu’en résumé, il a participé à une révolution pour abolir la Royauté…. Et ironie du sort, il réorganise la société autour d’une nouvelle aristocratie qui obtient des privilèges. Il trône d’ores et déjà à la tête d’une dictature politique.

Les mêmes 40.000 familles d’aristos français exilés en Angleterre pour échapper à la guillotine, que Napoléon aurait exécuté sans remords 5 ans plus tôt, sont de retour en France. Ils peuvent dorénavant  vivre dans leur pays sous la protection de celui qui s’est nommé noble parmi les plus nobles ! Quoi de plus chic qu’un Empereur pour la France !

Les hommes apprécient grandement les avantages du nouveau code civil concocté par Napoléon lui-même. Un code plus égalitaire que le précédent, certes, mais désastreux pour les femmes. Elles ne peuvent ni voter, ni signer de contrat. Tout le système éducatif est entièrement dévoué aux hommes, elles ne sont donc pas attendues sur les bancs d’école.

Napoléon pensait que les femmes devaient être éduquées par leur mère, un point c’est tout ! Le nouveau code civil prévoit aussi que les femmes ne peuvent travailler qu’avec le consentement de leur mari. Et dans ce cas, c’est l’homme qui perçoit le salaire de sa femme. Une femme ne peut pas demander le divorce sauf si elle prouve que son époux loue un appartement à sa maitresse. Se taper d’autres femmes ne pose donc aucun problème pour le code civil, pourvu que ce soit ailleurs. La femme en revanche peut être « jetée dehors » si elle offre son corps à un autre homme.

De même pour les prostituées, Napoléon considère que c’est la nature humaine et que sans elles, les hommes violeraient à tout va dans les rues ! Et puis c’est très bon pour le moral des troupes ! Il crée donc des maisons de tolérance où chaque prostituée est hébergée, protégée, enregistrée et contrôlée.

Les volets doivent toujours rester clos, d’où l’expression plus tardive de « maison close ».

Ces maisons officielles feront la joie des hommes de France pendant plus d’un siècle, jusqu’en 1946, date de leur interdiction définitive.

 

 

NO CULTURE : Chaque semaine, Benjamin évoque de manière décalée des figures et des évènements marquants de l’Histoire.

 

 

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L’homme amoureux…. Par Lisa Duong.

Nous passons notre vie à rencontrer et à dire au revoir, se retrouvant sans cesse en compagnie de sa solitude et de sa multitude d’échanges humains. Mais savons-nous si bien nous comporter en société, sommes-nous si civilisés?  Parfois si brusques dans les mots, dans l’allure, dans les actes, nous transportons ce que nous avons vécu tout au long de cette vie. Trempée d’humiliations, d’orgueil, d’injustices, d’incompréhensions, La vie n’est qu’une suite successive de naissances vécues comme un accouchement de soi à chaque fois.

Nos expériences se bousculent entre la multitude de blessures qui nous figent et l’émerveillement qui nous poussent à s’engager et à agir. L’estime de soi se fait manger la place par l’obsession de soi. Est-ce un excès d’amour ou de dégoût? Le narcissisme sociétal dans lequel nous baignons nous rend très permissif, très compétitif, le tout dans un monde de possession. Une réelle négligence qui finit par nous affecter.

Nous oublions de nous sensibiliser à nos devoirs, à nos responsabilités envers le groupe puisque nous sommes poussés vers l’individualisme au lieu de se dire: « Je suis parce que nous sommes. »

L’ insatiable soif de rencontrer des gens pour s’écarter de notre solitude, nous entraîne dans le jeu de séduction qui serait de plaire le plus possible et à plus de monde possible. Sans cesse à la poursuite d’un bien-aimé pour faire fuir notre mal-être d’amour …

Les réseaux sociaux se multiplient, les speed dating et autres sites de rencontres abondent pour répondre à une demande croissante. La toxicité de certaines fréquentations devraient nous aider à lâcher cette fidélité amicale destructrice et laisser s’exprimer l’enfant intérieur qui sommeille en nous pour enfin être en accord avec l’homme ou la femme que l’on est devenu.

Nous avons tous la capacité de nous découvrir et d’ accueillir qui nous sommes.

Cette séduction compulsive passe-t’elle par la beauté ? S’agit-il d’être convoité en étant si admirablement parfait ? La perte de cette jeune apparence peut-elle être compenser par l’élégance ?

Ce qui rend aimant et aimable c’est la Grâce .

 En acceptant de vieillir, on lâche l’aspect physique, l’esthétisme et la beauté comme pouvoir d’attraction des autres à soi. On bascule vers d’autres sources d’estime de soi tout en s’épanouissant dans des domaines différents que celui de la parade.

In fine, accepter qu’on n’est pas parfait nous ouvre à tant de façons de se faire aimer et de s’aimer soi-même.

Nous avons cette fabuleuse liberté de pouvoir rêver et d’aimer librement mais pas n’importe qui, ni n’importe comment .

Si  nous avions le courage d’être soi, ni l’être que nous sommes, ni même l’ être qui sommeille dans notre lit, ne réveillerait les frissons qu’évoquent nos peurs.

Maintes promesses sont main dans la main, sans prédire l’avenir qu’on lit dans leur paume. Avons-nous l’espoir à portée demain de se prendre en main ou de lâcher la main?

De cette union, notre main, la sienne, reçoivent cette caresse qui frôle… Au toucher d’une broderie traditionnelle cousu-main

De cette main tendue.

Ne plus avoir à demander de l’aide aux autres en vivant la conscience de nos imperfections !

  « L’homme amoureux » pose délicatement sa main sur celle de sa belle-aimée.

La photo a été prise en Janvier 2012 lors d’un Mariage franco-khmer à Kep, ville balnéaire du Cambodge. 

Frédéric Seynaeve capte l’instant en même temps qu’il échange quelques mots avec le vieil homme qui fait ressortir de sa mémoire un français parlé, Résidu culturel d’une époque coloniale au temps de l’Indochine.

Parfois, les choix nous font mettre de côté des passions endormies, Le temps est alors venu de vous partager son talent caché. Une expression de soi dans l’art de la photographie.

C’est le post de Lisa Duong : http://www.dominiquemodels.com/

Un p’tit bout de femme qui ne perd jamais son sourire, dynamique, bien dans sa ville. Elle nous nargue avec les filles sublimes de l’agence Dominique, mais nous en s’en fout c’est elle qu’on veut. Parce qu’elle est lookée à nous rendre verte de jalousie et qu’en plus elle ne se prend pas la tête !

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Le déjeuner des hommes (sans doute) les plus élégants du monde…

Un film de Scott Schuman – THE SARTORIALIST –  « Lunch for 25 »

Ristorante Camillo, Firenze Pitti UOMO

[vimeo http://vimeo.com/35926876]

Obéissant à des règles non écrites, quand elles répondent à l’instinct, l’alchimie qui s’en dégage est la plus fascinante…

Pas de théorie, un équilibre sans forfanterie.

Il y avait là, réunis pour la grand’messe du Pitti, quelques-uns de ceux qui peuvent prétendre à ce titre, poétiquement mis en scène par Scott : Les frères Ricci, Luciano Barbera, Simone de « Tie your tie », Lino du « Al Bazar », Nick W. qu’on ne présente plus tant il déchaine les blogs et même Kanye West qui, s’essaierait, dit-on à cet exercice…

Tous figurants et gourous à leur tour, partageant expérimentations, regards sur leurs mondes, les uns présidant aux destinées de boutiques légendaires, les autres à la manœuvre auprès de grandes enseignes, artisans ou capitaines d’industrie…

L’infiniment petit n’alimente-t-il pas ici encore l’infiniment grand ?

Source illimitée d’inspirations, les dernières exacerbations du siècle passé, si attachantes pour ceux qui veulent en apprécier  la saveur, renaissent çà et là et surtout ici.

Ce qui est défait se refera, ce qui a été brûlé sera adoré à nouveau et c’est en cela qu’il convient de saluer les valeureux dépositaires de ce savoir, toujours en marche, vivace…

http://www.camillosrestaurant.com/

Le post de Martin Neuman :

Diplômé de E.P.H.E.C. et de l’I.A.A. (International Advertising Association) à Bruxelles en 1986, puis de l’Accademia Italiana Moda de Florence(Italie) en 1989. MN peut se targuer d’avoir toujours eu le regard braqué sur la Mode, les Modes…

La légende familiale ne le décrit-il pas gambadant à toute heure du jour en pyjama dès son plus jeune âge, à l’époque, son unique costume deux pièces ?

Spécialiste depuis de l’habillement masculin, en particulier de la chemise, qu’il conçoit pour de nombreuses Maisons, tour à tour inspiré et inspirateur, il œuvre aujourd’hui comme consultant discret, en Belgique à l’étranger, promenant son regard affûté sur ses contemporains…

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Napoli : « Una vita su misura »

 

 

Naples, le berceau du costume masculin tel que nous le connaissons aujourd’hui…

[vimeo http://vimeo.com/16443611]

 

 

Les « gentlemen farmers » anglais de la fin du 18 ème siècle, chassent dans la région et font raccourcir la redingote (« riding coat ») par de petits artisans locaux, le costume moderne est né.

Plusieurs générations plus tard, ces maîtres, nous font partager leur métier, entre artisanat, passion et grand art.

Un court métrage magnifique de Kid Dandy qui rend hommage à leur modestie et leur savoir, parfois ésotérique.

Cette galerie de portraits ne saurait être complète sans évoquer mon ami de longue date, Orazio Luciano, de « la Vera Sartoria Napoletana« , sans doute le plus intransigeant sur les grands principes de son Art.

Un authentique physique de Padrino…

Plusieurs générations l’ont précédé à sa table de coupe et son fils Pino, assurera la relève.

Aujourd’hui, le « laboratorio« , l’atelier du Nonno de l’époque, n’a guère changé, pas une seule machine à coudre en vue…

Seule la main de l’homme trace à la craie quelques cabalistiques circonvolutions, faufile les aiguilles, ourle pans et revers, fixés au crin de cheval par des milliers de points invisibles…

Et que dire de l’épaule, la fameuse épaule napolitaine…

Le temps s’arrête un instant dans la touffeur des ateliers et des courettes, le bruit silencieux des ouvrages affleure, au cœur, l’humble satisfaction du travail accompli « come si deve ».

Plus tard, bien plus tard, la minuscule boutonnière au cordonnet viendra fleurir le revers, comme une signature au bas de la toile.

Porter ses vêtements est un immense privilège pour qui en mesure la vérité…

Grazie.

 

 

Le post de Martin Neuman :

Diplômé de E.P.H.E.C. et de l’I.A.A. (International Advertising Association) à Bruxelles en 1986, puis de l’Accademia Italiana Moda de Florence(Italie) en 1989. MN peut se targuer d’avoir toujours eu le regard braqué sur la Mode, les Modes…

La légende familiale ne le décrit-il pas gambadant à toute heure du jour en pyjama dès son plus jeune âge, à l’époque, son unique costume deux pièces ?

Spécialiste depuis de l’habillement masculin, en particulier de la chemise, qu’il conçoit pour de nombreuses Maisons, tour à tour inspiré et inspirateur, il œuvre aujourd’hui comme consultant discret, en Belgique à l’étranger, promenant son regard affûté sur ses contemporains…

http://www.facebook.com/claudia.lomma#!/martin.neuman1

Martin Neuman et Orazio Luciano

 

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Où sommes-nous à cet instant ? Le post de Lisa….

 

Où sommes-nous à cet instant ? Dans un lavoir gigantesque de Mumbai/India.

Le plus célèbre de ces Dhobi Ghats (Lavoirs traditionnels) est au Rasta Saat près de la Station Mahalaxmi où presque deux cents dhobis et leurs familles travaillent ensemble dans ce qui  a  toujours  été une occupation héréditaire. Jaillissant de l’obscurité, des regards floutés, un sourire éclatant, une hanche féminine découverte,..

Les machines à laver tournent sans cesse, les mains à l’œuvre s’activent pour faire sécher des tonnes de linge sous un soleil brûlant. S’appliquer à ne faire qu’une seule chose à la fois comme à l’époque où l’on battait le linge dans l’eau claire d’une rivière.

 Assigner à notre action une tâche nettement délimitée car l’un des défauts de notre modernité, c’est d’entreprendre plusieurs choses à la fois et de vouloir toutes les mener de front en ayant notre esprit dans l’hier et le demain.

Car malgré les temps de conjugaison, il n’existe que le Présent. Aucun autre moment n’est plus riche que le moment présent. Et nous devrions tous cultiver cette richesse impayable.

On pourrait s’imaginer un instant à venir plus ou moins agréable que celui que nous vivons là maintenant  et bien, nous n’avons aucun moyen d’être certain  qu’il sera mieux ou moins bien. 

Quelque soit ce que nous réserve l’avenir, sera-t-il à la hauteur de ce que l’on attend, de ce que l’on pense ? Et lorsqu’il viendra, il sera devenu l’instant présent.

Un instant qu’on aurait pu manquer très facilement tellement nous sommes figés dans notre passé ou projetés dans notre futur. Aucun contrôle sur notre passé à part de s’en servir pour faire mieux aujourd’hui. Aucun contrôle sur notre futur, à part de se laisser influencer positivement par ce dernier. 

Etre ici et maintenant, le grand défi pour chacun de nous car Nul ne sait combien de temps sa vie va durer, ni ce qu’elle va devenir….  

« Mon futur est aujourd’hui et c’est le jour le plus important de ma vie. »

Alors laissons-nous Vivre à notre meilleur maintenant.

Mauro Brigham, architecte d’intérieur est un photographe talentueux au plus profond de son âme.

Et à la question « Something about me » de me répondre: « J’adore la Vie, la découverte, le sexe, les défis, ma famille et mes amis. »

2  réalisations fraîchement terminées:

LE MAKISU : Restaurant spécialisé dans les maki « sunny side of sushi »

Rue du Bailli 5  1000 Bruxelles (http://makisu.be/)

LE SAPATTI : Restaurant à pizzas et pâtes fraiches – Chaussée d’Ixelles 181 à 1050 Bruxelles.

 

Bham design studio – Rue du Canadastraat, 44 B-1190 Bruxelles Brussel

Mob   +32 (0)495 88 29 70

http://www.bham.be

FIDIAS AWARDS 2011 – Association des architectes d’intérieur de Belgique

WORLD INSIDE FESTIVAL 2011 Shortlisted

C’est le post de Lisa Duong : http://www.dominiquemodels.com/

Un p’tit bout de femme qui ne perd jamais son sourire, dynamique, bien dans sa ville. Elle nous nargue avec les filles sublimes de l’agence Dominique, mais nous en s’en fout c’est elle qu’on veut. Parce qu’elle est lookée à nous rendre verte de jalousie et qu’en plus elle ne se prend pas la tête !

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Les polars d’Anne Rozenberg : Envie de participer au concours « Pourquoi lisez-vous des polars » ?

 

 

Après le succès du concours Pourquoi lisez-vous? La librairie Filigranes remet ça avec Pourquoi lisez-vous des polars ?

C’est une question que me posent souvent mes copines.  Je lis des romans classiques et contemporains, de la poésie, des documents mais des polars ? J’ai envie de répondre pourquoi pas mais plus sérieusement parce qu’il n’y a rien de mieux pour m’arracher à la vie, me couper de toutes mes préoccupations. Parce qu’une fois que j’en ai commencé un, je ne pense plus qu’à ça, lire, me replonger dans l’intrigue, deviner peut-être le dénouement avant que l’auteur ne le révèle. 

Il y a aussi le côté « pièces du puzzle qui s’emboîtent » qui me fascine. Je n’aime pas spécialement avoir peur, ni trembler, et un peu maso, j’avoue que je dors souvent mal après les avoir lus. D’un autre côté, quelle richesse, il y en a tant et tant et qui abordent des univers si différents. Si je laisse de côté Mo Hayder, trop gore pour moi, je voue une véritable passion aux livres d’Elizabeth George, une Américaine qui décortique les maux de la société anglaise, en ciselant ses enquêtes (tous ses livres sont parus aux Presses de la cité et chez Pocket). Je me délecte des livres d’Arnaldur Indridasson (mon préféré est La femme en vert), qui me permet de pénétrer les arcanes de la société finlandaise (livres parus chez Métailié et Points). Je viens de terminer La cinquième femme du Suédois Henning Mankell, qui a été un véritable coup de poing (Seuil et Points).  

Ce qui me touche aussi chez chacun d’entre eux, c’est leurs enquêteurs, un peu ou très déprimés, mettant à jour leurs failles et témoignant d’une immense compassion pour les victimes.

Encore un mot : vous voulez un conseil pour choisir Le polar de vos vacances ? Vous allez chez Filigranes avenue des Arts, vous demandez le patron, Marc Filipson, qui est un vrai passionné et il vous conseillera les meilleurs parmi les dernières parutions.

Envie de participer au concours Pourquoi lisez-vous des polars?

Surfez sur www.pourquoilisezvous.com et répondez.  Il y a des bons d’achat chez Filigranes à la clé.

http://www.filigranes.be/fr/

 

Le post d’Anne Rozenberg -> http://bcommebouquiner.blogspot.com/ Discrète mais efficace ! Quand elle prend la plume, Bruxelles s’arrête. Un style aiguisé mais juste ! Elle partage tout sur ces deux blogs : ses lectures, mais aussi tous ces coups de cœur. Une fille à découvrir, on est allée la chercher derrière ses textes.

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Femme dévoilée…

 

Une Femme si belle est entrain de méditer un beau matin, en face d’elle l’arbre sacré.

La femme est le pilier de la maison, elle illumine à sa manière.

Elle est de toute religion, de toute conviction. 

Un voile orange, Un signe de croix, à la lueur d’une bougie un vendredi soir, à la cadence d’un mantra de sagesse…

Un perpétuel commencement, une boucle dans nos vies, la Foi en un Dieu, la Foi en nous…

Et surtout le plus important de tout L’Amour.

Peu importe l’âge de nos cellules, l’Amour, associé au bonheur d’être à 2 pour se partager, ne prend pas une ride. 

Cette photo a été prise à Bodhgayâ, village situé à une centaine de kilomètres de Patna dans l’État du Bihâr en Inde du Nord. C’est là que Siddhârta Gautama a atteint l’illumination et par là-même l’état de Bouddha. C’est un des 7 lieux de pèlerinage, un lieu de culte où se sont retrouvés le plus grand nombre de réfugiés tibétains.  

Philippe Meysmans (Filbur pour ceux du métier) a plus d’un talent caché. Sous le click de son boitier argentique, il m’a, plus d’une fois, émue. Ses images de voyage sont restées trop longtemps sous cloche.

 

C’est le post de Lisa Duong : http://www.dominiquemodels.com/ Un p’tit bout de femme qui ne perd jamais son sourire, dynamique, bien dans sa ville. Elle nous nargue avec les filles sublimes de l’agence Dominique, mais nous en s’en fout c’est elle qu’on veut. Parce qu’elle est lookée à nous rendre verte de jalousie et qu’en plus elle ne se prend pas la tête !

 

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